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Cours de Algèbre linéaire – Licence 1

Ce chapitre pose les bases de l'algèbre linéaire : systèmes d'équations linéaires, méthode du pivot de Gauss, opérations sur les matrices, matrice inverse et rang. Un système linéaire s'écrit AX = B ; il a zéro, une ou une infinité de solutions, et le pivot de Gauss permet de le décider de façon systématique. Les matrices servent aussi à modéliser des phénomènes en économie, en démographie ou en…

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Programme : les chapitres

1. Systèmes linéaires et calcul matriciel
Ce chapitre pose les bases de l'algèbre linéaire : systèmes d'équations linéaires, méthode du pivot de Gauss, opérations sur les matrices, matrice inverse et rang. Un système…
2. Espaces vectoriels, bases et dimension
Un espace vectoriel est un ensemble muni d'une addition et d'une multiplication par les scalaires qui obéissent à des règles précises. Ce chapitre définit les sous-espaces…
3. Applications linéaires et matrices associées
Une application linéaire est une application entre espaces vectoriels qui respecte l'addition et la multiplication par un scalaire. Ce chapitre étudie le noyau, l'image,…
4. Déterminants
Le déterminant associe un nombre à une matrice carrée et permet de décider de son inversibilité. Ce chapitre présente le déterminant d'ordre 2 et 3, la règle de Sarrus, les…
5. Valeurs propres et diagonalisation (initiation)
Diagonaliser une matrice, c'est trouver une base dans laquelle l'endomorphisme associé agit simplement par multiplication de chaque vecteur par un scalaire. Ce chapitre introduit…

Chapitre à lire gratuitement : Systèmes linéaires et calcul matriciel

1. Systèmes linéaires

Définition : un système linéaire de n équations à p inconnues s'écrit a₁₁x₁ + … + a₁ₚxₚ = b₁, …, aₙ₁x₁ + … + aₙₚxₚ = bₙ. Il est homogène si tous les bⱼ sont nuls. Une solution est un p-uplet qui vérifie toutes les équations.

Trois cas seulement : le système est incompatible (aucune solution), compatible à solution unique, ou compatible avec une infinité de solutions. Il n'y a jamais exactement deux solutions.

Interprétation géométrique : dans le plan, deux droites sont sécantes, parallèles ou confondues ; dans l'espace, trois plans peuvent se couper en un point, selon une droite, ou ne pas avoir de point commun.

2. Matrices : définitions et opérations

Définition : une matrice de taille n × p est un tableau de nombres à n lignes et p colonnes. On note Mₙ,ₚ(ℝ) l'ensemble de ces matrices.

Somme et produit par un scalaire : coefficient par coefficient.

Produit : si A est n × p et B est p × q, AB est n × q et (AB)ᵢⱼ = Σ (k = 1 à p) aᵢₖ bₖⱼ.

Propriétés : le produit est associatif et distributif, mais en général AB ≠ BA et AB = 0 n'entraîne pas A = 0 ou B = 0.

Exemple : avec A = (1 2 ; 3 4) et B = (0 1 ; 1 0), AB = (2 1 ; 4 3) et BA = (3 4 ; 1 2).

Matrice identité Iₙ : 1 sur la diagonale, 0 ailleurs, avec A Iₙ = Iₙ A = A. Transposée : (Aᵀ)ᵢⱼ = aⱼᵢ, avec (AB)ᵀ = BᵀAᵀ. Trace d'une matrice carrée : somme des coefficients diagonaux.

3. Écriture matricielle et méthode du pivot de Gauss

Le système s'écrit AX = B, où A est la matrice des coefficients, X le vecteur des inconnues et B le second membre.

Opérations élémentaires sur les lignes : échanger deux lignes (Lᵢ ↔ Lⱼ), multiplier une ligne par un scalaire non nul (Lᵢ ← λLᵢ), ajouter à une ligne un multiple d'une autre (Lᵢ ← Lᵢ + μLⱼ). Elles conservent l'ensemble des solutions.

Méthode : on choisit un pivot non nul dans la première colonne, on élimine cette inconnue dans les autres lignes, puis on recommence sur le sous-système. On obtient un système échelonné, résolu par remontée.

Exemple : x + y + z = 6, 2x − y + z = 3, x + 2y − z = 2. Avec L₂ ← L₂ − 2L₁ et L₃ ← L₃ − L₁, on obtient −3y − z = −9 et y − 2z = −4. On en déduit z = 3, y = 2, x = 1.

4. Rang d'une matrice et discussion

Le rang d'une matrice est le nombre de pivots non nuls après échelonnement. Il ne dépend pas de la réduction choisie.

Théorème de Rouché-Fontené : un système AX = B à p inconnues est compatible si et seulement si rg(A) = rg(A|B). Dans ce cas, l'ensemble des solutions dépend de p − rg(A) paramètres libres.

Exemple : x + 2y − z = 1, 2x + 4y − 2z = 2, x + y + z = 3. La deuxième équation est le double de la première, le rang vaut 2 et il y a un paramètre libre : (x, y, z) = (5 − 3t, 2t − 2, t) pour t réel.

5. Matrices inversibles

Définition : une matrice carrée A est inversible s'il existe B telle que AB = BA = I. Cette matrice B est unique, notée A⁻¹.

Propriétés : (AB)⁻¹ = B⁻¹A⁻¹ et (Aᵀ)⁻¹ = (A⁻¹)ᵀ. Si A est inversible, AX = B a pour unique solution X = A⁻¹B.

Cas 2 × 2 : pour A = (a b ; c d), A est inversible si et seulement si ad − bc ≠ 0, et A⁻¹ = (1/(ad − bc)) (d −b ; −c a).

Méthode générale : on écrit (A | I) et on applique le pivot de Gauss-Jordan jusqu'à obtenir (I | A⁻¹). Si l'on ne peut pas obtenir I, la matrice n'est pas inversible.

6. Matrices particulières et puissances

Matrices diagonales, triangulaires, symétriques (Aᵀ = A). Le produit de deux matrices triangulaires supérieures est triangulaire supérieur.

Puissances : pour A = (1 1 ; 0 1), on montre par récurrence Aⁿ = (1 n ; 0 1). Pour une matrice diagonale, Dⁿ s'obtient en élevant chaque coefficient diagonal à la puissance n.

Application : si la répartition des clients entre deux opérateurs de téléphonie à Dakar évolue chaque mois selon Xₙ₊₁ = M Xₙ, alors Xₙ = Mⁿ X₀.

7. Retenir l'essentiel

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