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Cours de Littérature africaine – Licence 2

Avant l'écriture en langues européennes, l'Afrique de l'Ouest possède de riches traditions orales : épopées, contes, proverbes, généalogies, chants de louange. Leur transmission repose sur des spécialistes de la parole, les griots (djéli, gewel), et sur une performance qui associe voix, musique et public. L'épopée mandingue de Soundiata en est l'exemple le plus célèbre. Ce chapitre présente les…

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Programme : les chapitres

1. Oralité et épopée en Afrique de l'Ouest
Avant l'écriture en langues européennes, l'Afrique de l'Ouest possède de riches traditions orales : épopées, contes, proverbes, généalogies, chants de louange. Leur transmission…
2. Naissance de la littérature écrite francophone
La littérature africaine d'expression française naît dans le contexte colonial, entre les années 1920 et 1950, au contact de l'école coloniale, de la presse et des milieux…
3. La négritude
La négritude est un mouvement littéraire et idéologique né à Paris dans les années 1930 autour d'Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas. Elle affirme la valeur…
4. Les romans de l'après-indépendance
Après les indépendances de 1960, le roman africain passe de la dénonciation de la colonisation à la critique des nouvelles sociétés : désillusion politique, corruption, conflit…
5. La littérature africaine contemporaine
Depuis les années 1990, la littérature africaine se diversifie : voix de femmes, écritures de la migration et de la mémoire, romans sur les violences de l'histoire, renouveau de…

Chapitre à lire gratuitement : Oralité et épopée en Afrique de l'Ouest

1. Qu'est-ce que la littérature orale ?

La littérature orale (ou oralité littéraire) désigne l'ensemble des textes à forme élaborée transmis par la voix, de génération en génération, sans passer par l'écriture. Le terme « oraliture », proposé par certains auteurs, souligne qu'il s'agit bien d'un art de la parole et non d'une littérature « inférieure » ou « primitive ».

Définition : un texte oral n'existe vraiment que dans sa performance, c'est-à-dire au moment où un locuteur le dit devant un auditoire, avec sa voix, ses gestes, parfois un instrument de musique.

Attention : oral ne veut pas dire improvisé au hasard. Les formes sont codées : formules d'ouverture et de clôture, répétitions, rythmes, procédés mnémotechniques.

2. Les genres de l'oralité

On distingue habituellement plusieurs grands genres.

3. Les spécialistes de la parole : griots et autres

Dans de nombreuses sociétés ouest-africaines (mandingue, wolof, peule, haoussa), la parole est confiée à des groupes spécialisés. Le griot s'appelle djéli ou djéli-ba chez les Mandingues et gewel chez les Wolofs. Il est généalogiste, historien, conseiller, musicien, médiateur. Il est attaché à une famille noble qu'il célèbre en échange de dons.

Remarque : la figure du griot est ambivalente. Elle est à la fois respectée (détenteur de la mémoire) et inscrite dans une hiérarchie sociale particulière. Il faut éviter les clichés qui font du griot un simple « chanteur de louanges ».

Le maître de la parole peut aussi être un initié, un conteur de village, un forgeron ou un chasseur selon les traditions. Les noms et statuts varient selon les peuples : rester prudent dans les généralisations.

4. L'épopée : définition et caractères

Définition : l'épopée est un long récit à tonalité grandiose célébrant les exploits d'un héros qui incarne les valeurs d'une communauté et dont la destinée est liée à la fondation d'un royaume ou d'un peuple.

Caractères généraux :

5. L'épopée de Soundiata

L'épopée du Mandé raconte l'histoire de Soundiata Keïta, fondateur de l'empire du Mali au XIIIe siècle. Selon la tradition, le futur roi est un enfant handicapé et moqué, qui ne marche pas. Après un événement-clé, il se lève et prend sa place. Contraint à l'exil avec sa mère, il revient pour affronter un roi rival, Soumaoro Kanté, dont la défaite à Kirina (vers 1235 selon la tradition historique) ouvre la période impériale.

Cette épopée est connue grâce à de nombreux récitants. Un écrivain guinéen, Djibril Tamsir Niane, en a publié en 1960 une version écrite en français, intitulée « Soundjata ou l'épopée mandingue », à partir du récit d'un griot de Guinée. L'épopée de Soundiata appartient au patrimoine culturel d'une vaste aire, de la Guinée au Mali et au Sénégal.

Distinguer : le héros légendaire de l'épopée et le personnage historique. L'épopée n'est pas un compte rendu neutre : elle célèbre, légitime un pouvoir et transmet des valeurs.

6. Variantes, transcription et traduction

Chaque récitant a sa version. On parle de variantes. Il n'existe pas de « texte original » unique : l'épopée est un ensemble de versions. Lorsqu'un chercheur ou un écrivain la transcrit puis la traduit, il opère des choix : coupures, adaptation du rythme, passage du vers à la prose. Ces opérations transforment l'œuvre.

Méthode : pour étudier un texte oral transcrit, se demander : qui parle ? à qui ? dans quelle circonstance ? Quelle langue d'origine ? Quel est le rôle du transcripteur ?

D'autres œuvres illustrent la rencontre entre oralité et écriture : « Kaïdara », conte initiatique peul fixé par Amadou Hampâté Bâ ; les « Contes d'Amadou Koumba » de Birago Diop, qui réécrivent en français des récits entendus d'un conteur ; les travaux de Camara Laye sur la parole du griot.

7. Retenir l'essentiel pour l'examen

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