Cours de Stylistique et grammaire – Licence 2
Une figure de style est un procédé d'expression qui s'écarte de l'usage ordinaire pour produire un effet : mettre en relief, émouvoir, convaincre, faire sourire. On les classe en figures d'analogie (comparaison, métaphore, personnification, allégorie), de substitution (métonymie, synecdoque, périphrase, euphémisme, antonomase), d'opposition (antithèse, oxymore, paradoxe), d'amplification ou…
5 chapitres · exercices corrigés et quiz dans l'application
Crée ton compte gratuit : 2 premiers chapitres de chaque matière avec exercices corrigés, quiz et tuteur IA.
Commencer gratuitementPartager sur WhatsAppProgramme : les chapitres
Une figure de style est un procédé d'expression qui s'écarte de l'usage ordinaire pour produire un effet : mettre en relief, émouvoir, convaincre, faire sourire. On les classe en…
Le registre (ou tonalité) désigne l'effet dominant qu'un texte produit sur le lecteur : rire, émotion, admiration, indignation, crainte. On distingue notamment les registres…
L'énonciation est l'acte par lequel un locuteur produit un énoncé dans une situation précise : qui parle, à qui, où, quand. Elle se repère aux déictiques (je, tu, ici,…
La grammaire du texte étudie ce qui fait qu'un ensemble de phrases forme un texte et non une simple suite d'énoncés : la cohérence (unité de sens, progression), la cohésion…
Le commentaire stylistique est un exercice qui consiste à expliquer comment un texte produit du sens et des effets grâce à ses choix d'écriture. Il suppose une lecture attentive,…
Chapitre à lire gratuitement : Les figures de style
1. Qu'est-ce qu'une figure de style ?
Définition : une figure de style est un procédé d'écriture ou de parole qui s'écarte de l'emploi ordinaire du langage afin de produire un effet particulier sur le lecteur ou l'auditeur.
Les figures ne sont pas des ornements gratuits : elles servent le sens. En stylistique, la règle d'or est d'identifier le procédé, de le citer précisément, puis d'expliquer son effet et sa fonction dans le texte.
Attention : une figure se repère dans un contexte. Le même mot peut être littéral ou figuré selon la phrase.
2. Les figures d'analogie
- La comparaison rapproche deux éléments à l'aide d'un outil de comparaison (comme, tel, semblable à, ressembler à). Exemple : « Sa voix, comme un tambour, fait trembler la place. »
- La métaphore rapproche deux éléments sans outil de comparaison. Exemple : « Dakar est une ruche. » On distingue la métaphore filée, qui se développe sur plusieurs expressions.
- La personnification prête des traits humains à un animal, une chose ou une idée. Exemple : « La mer gronde sa colère contre les pirogues. »
- L'allégorie représente une idée abstraite par une image ou un personnage. Exemple : la Justice figurée par une femme tenant une balance.
3. Les figures de substitution
- La métonymie remplace un terme par un autre qui lui est lié (contenant pour contenu, cause pour effet, lieu pour institution). Exemples : « Boire un verre » ; « Dakar a décidé » pour le gouvernement.
- La synecdoque désigne le tout par la partie ou inversement. Exemple : « Une flotte de cent voiles » pour cent navires.
- La périphrase remplace un mot par une expression plus longue. Exemple : « le continent berceau de l'humanité » pour l'Afrique.
- L'antonomase emploie un nom propre comme nom commun, ou l'inverse. Exemple : « C'est un Harpagon » pour un avare.
- L'euphémisme adoucit une réalité pénible. Exemple : « Il nous a quittés » pour « Il est mort ».
4. Les figures d'opposition
- L'antithèse rapproche deux termes ou idées opposés. Exemple : « Il parle beaucoup, mais agit peu. »
- L'oxymore associe deux termes contradictoires dans un même groupe. Exemple : « un silence assourdissant », « une obscure clarté ».
- Le paradoxe formule une idée apparemment absurde qui contient une vérité. Exemple : « Plus on partage, plus on possède. »
5. Amplification et atténuation
- L'hyperbole exagère. Exemple : « Je meurs de faim. »
- La gradation dispose des termes selon une progression croissante ou décroissante. Exemple : « Il hésite, recule, fuit, disparaît. »
- La litote dit moins pour faire entendre plus. Exemple : « Ce n'est pas mauvais » pour « c'est très bon ».
- L'ironie dit le contraire de ce que l'on pense. Exemple : « Quel bel accueil ! » dit devant une porte fermée.
Remarque : ne pas confondre litote et euphémisme. La litote atténue l'expression pour renforcer l'idée ; l'euphémisme atténue une réalité désagréable.
6. Les figures de construction et de répétition
- L'anaphore répète un même mot ou groupe en début de phrases ou de vers. Exemple : « Je veux la paix, je veux le pain, je veux l'école. »
- Le parallélisme construit deux ou plusieurs phrases sur la même structure.
- Le chiasme dispose des éléments en ordre croisé (A B B A). Exemple : « Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
- L'accumulation (ou énumération) juxtapose de nombreux termes. Exemple : « Le marché débordait de mangues, de poissons, de tissus, de rires. »
- L'asyndète supprime les mots de liaison ; le polysyndète les multiplie.
7. Analyser une figure : mode d'emploi
Méthode :
a) Citer le passage exact entre guillemets.
b) Nommer la figure.
c) Expliquer le mécanisme (quels éléments sont rapprochés, remplacés, opposés).
d) Dire l'effet produit (insister, émouvoir, critiquer) et la fonction par rapport au projet du texte.
Exemple : dans « La nuit avalait le village », la métaphore et la personnification associent la nuit à un être vorace. L'effet est dramatique : le village paraît impuissant devant l'obscurité.
8. Retenir l'essentiel pour l'examen
- Apprendre les définitions avec un exemple original pour chaque figure.
- Distinguer comparaison et métaphore, litote et euphémisme, métonymie et synecdoque.
- Ne jamais s'arrêter à l'identification : toujours analyser l'effet.
Crée ton compte gratuit : 2 premiers chapitres de chaque matière avec exercices corrigés, quiz et tuteur IA.
Commencer gratuitementPartager sur WhatsApp